19- De Colchane au salar d'Uyuni...

Publié par Sur les traces de Pimouss

Bon... arrivée de nuit...on y voyait un peu rien, on a fini par trouver una pista de tierra (très sablonneuse quand même) sur la droite de la route avant une grande montée. On a réussi à se caler pour un squat dodo très......FROID!!!!!

Ici c'est l’hiver, ce qui signifie douceur la journée (15°) mais températures négatives la nuit, minimum -7°. Le lendemain une voiture qui partait vers la frontière s'est arrêtée nous souhaiter la bienvenue, nous faire gouter un jus froid similaire au maté, et donné des conseils pour la suite et les directions à prendre dans cette zone où l'on se perd très facilement!! Une rencontre superbe, une générosité hors pair, VIVA BOLIVIA!!


Allez direction Sabaya où l'on espère trouver des légumes, du gasoil, et un endroit pour graisser notre châssis avant de traverser le salar de Coipasa et d'Uyuni. Le sel et la ferraille n'ont jamais fait bon ménage!!! Petit contre-temps au moment de partir....Meskelil était un peu......ensablé! Poco a poco on l'a sorti de là grâce à l'aide de son pot Pimouss, solidarité avant tout!!!


Arrivée à Sabaya vers 14h.....mauvaise heure en Amérique du sud, la vie s'endort entre 14h et 17/18h....à première vue la station était abandonnée, aucun commerce....bon on a quand même fait le tour des petites ruelles pour finalement tomber sur LA rue commerçante!

Aucune enseigne, il faut directement rentrer chez les gens. Le système est le suivant : les maisonnettes s'ouvrent et on rentre à l'intérieur, la pièce est remplie de petits promontoires avec des gâteaux, des cigarettes, de l'eau et du soda, parfois trois légumes rabougris....et des bonbons assez.....chimiques! Tout est concentré dans une pièce, ils vendent tous la même chose mais la différence est que, pour les plus pauvres, leur lit et le peu d'affaires qu'ils possèdent se trouvent également dans cette même pièce.


On a mangé un bout à l’extérieur de la ville et on est retourné vers 17h à Sabaya, la rue était animée d'hommes et de femmes en tenue traditionnelle. Les femmes portent des guêtres sur leur jambes nues, une jupe à jupons par dessus, un pull en alpaga, des claquettes (sans chaussettes), et deux grosses nattes qui se rejoignent en bas de leur dos avec un morceaux de tissus entortillé qui finit les deux tresses en une seule, et pour couronner tout ça un chapeau melon posé sur leur coiffe. Magnifiques.....des visages uniques, métissés, des yeux noirs en amande, une prestance et une posture....bref les plus beaux visages de tous ceux que j'ai pu rencontrer en Amérique du Sud, et les plus grands cœurs également!!!


Au final nous avons trouvé "à peu de choses près" ce qu'il nous fallait, je dis bien à peu près...du pain fait main, un petit délice, et......c'est tout pour ce qui est du comestible! Pour le gasoil, nous avons fait la connaissance de Petrona....comment dire.....une femme extraordinaire, unique, travailleuse qui élève seule ses trois enfants après avoir enterré son mari suite à un accident de voiture.....ça pose le cadre. Son fils travaille avec elle et sa fille est au collège. Après avoir chargé le gasoil nous avons mangé dans un petit boui-boui dans la rue principale, on s'est rempli le ventre avec la formule "poulet mariné pomme de terre frites...." et on s'est régalé!!!!


Le lendemain, Petrona nous a convié à partager un petit déjeuné avec des galettes de pains cuites au four.....un véritable régal accompagnées de miel et de confiture avec un petit bol de maté de coca. On a participé à la vie quotidienne, on a élaboré le repas du midi ensemble et on a partagé un petit festin, une soupe avec des morceaux de pommes de terre violettes, du mais, des carottes et de la viande de Lama.


La Meskelil family a débarqué un peu après nous et a pu partager le déjeuné chez Petrona, mais Meissa avait très mal au ventre et après avoir fait un tour au dispensaire ils sont partis vers Oruro pour une visite à l’hôpital, la cause de la douleur n'étant pas certaine il fallait effectuer une échographie de contrôle. Nous avons donc proposé d'embarquer la petite miss Maya (la plus jeune de la troupe) avec nous et de se retrouver au salar d'Uyuni.


La Pimouss family s'est agrandie pour cinq jours!! Nous avons emprunté le chemin le plus court pour nous y rendre....le plus court mais le plus.....il n'y a pas vraiment d'adjectif!!! Pour la faire courte : emprunter des pistes sans signalisations sur des centaines de km, traverser des pueblecitos sans noms, tout ça sans carte, sans GPS et tout à la boussole! Arrivés à Coipassa, le pueblo d'entrée dans le premier salar du même nom nous avons demandé l'aide d'un guide pour la première traversée car ce salar est non seulement pas tracé (sans route marquée par le passage des véhicules) mais traitre également car certains endroits sont très fragilisés au niveau de la croute de sel et on s'y enfonce comme dans du beurre pour finir "PLANTAR" comme ils le disent si bien!!


Bon, nous avons été précautionneux et avons trouvé un guide, enfin un volontaire qui nous a conduit sur 15km avant de se faire couper la route par une voiture en civil....comme dans les films à l'Américaine....deux hommes habillés en costumes de l'armée, cagoulés et armés sortent du véhicule.....oula.....ça sent pas bon.....des pirates???????!!!!!!! OK on reste tranquille, ils se dirigent vers nous et nous rassurent en nous disant qu'ils sont de l'armée bolivienne et que notre guide ne possède aucun papier, aucune plaque, et qu'il est donc dans l'illégalité.....on se trouvait à 3km de la montagne derrière laquelle se trouve la Chili et ces gentils militaires contrôlent toutes les voitures qui traverse ce salar.....notre compagnon a donc du faire gentiment demi-tour et vu que la nuit tombait les militaires nous ont proposé de nous amener jusqu'à la sortie et de contourner la partie "molle" du salar.


Nous voilà parti avec notre molosse de 15 tonnes escortés par la petite Toyota des militaires!!! Ils nous ont fait dormir sur leur campement et le lendemain nous ont offert de visiter les lieux. L'un deux, ex-guide dans le sud-Lipez nous a indiquer tous les bons plans et les routes à éviter pour notre escapade dans le sud, on a refait le monde, on les a inviter à boire un verre d'eau dans Pimouss et après 3heures passées en leur compagnie nous avons repris la route vers le salar d'Uyuni avec un "Vaya con Dios" d'encouragement!!! Alors je n'ai qu'une seule chose à dire, les militaires boliviens sont adorables!!!!Un grand merci à eux pour cette rencontre magique!!!


On a repris la route vers Lica, la porte d'entrée du salar d'Uyuni, enfin, pas l'entrée classique, celle en mode totalement OFF-ROAD!!!! On a vite compris pourquoi, une piste horrible qui nous a secoué pendant deux heures! La pire de toutes celles que l'on a emprunté depuis le début du voyage!!!


Arrivée à Lica en début de soirée, une ville pentue, très pentue, au rues très étroites et barrées par une suite de rochers, de tas de sable et autres obstacles en tout genre. Une ambiance......après-guerre! On avait la sensation d'arriver juste après un bombardement ou une attaque armée. Les habitants nous ont accueillis avec de grands sourires, des grands coucous....une hospitalité comme on les aime!!!! TE CHIERO BOLIVIA!!!!!


Petits achats de......ce qui trainouillait dans les petits boui-boui, connexion à un cyber avec la moitié des touches qui n'existaient plus depuis longtemps, et une nuit passée chez les militaires (passage obligatoire pour rentrer dans le salar).


Le lendemain, après le ptit dej on a fini d'emprunter les 8km de piste chaotique qui nous a mené à l'entrée du salar, un moment magique, inoubliable, cette immense étendue blanche éblouissante qui s'ouvre à nous comme une nouvelle terre vierge à explorer....un pur bonheur!!!!! Cette image restera gravée à jamais!! MERCI la vie, MERCI Dame nature de nous accueillir dans ton antre, MERCI la BOLIVIA!!!!!!!!!


On a exploré une première île que l'on a grimpé.....doucement....à presque 4000m l'oxygène manque un peu!! Elle était recouverte de cactus de plusieurs mètres de hauts, monstrueux, majestueux, et on s'est posé pour le squat dodo derrrière l'île la plus connue du salar, l'île d'Incahuasi, à mi-chemin vers Uyuni, et le point de rdv pour retrouver la Meskelil family qui ne devait pas trop tarder à nous rejoindre.


Bon, ça c'est la version facile, nous on a choisi la plus compliqué....enfin.....choisi....non je n'irai pas jusque là! On a du déménager de l'île "point de regroupement" pour se déplacer un peu plus loin sur l'île de Pescado. Bon c'est à ce moment là qu'on a, enfin que j'ai planté Pimouss à l'entrée nord de l'île (ne surtout pas aborder une île sur son versant nord....) sur une plage dont le sol est composé de sable, de sel et d'argile, tout cela agrémenté d'une touche d'eau.....et voilà le Pimouss planté et posé sur la totalité de ses essieus!!!!!


Et RE, c'est reparti pour deux jours complets de pelage, une équipe de 5 companieros que l'on a embauché sur 48h, et pour couronner le tout un avis de tempête, et dame nature qui nous a mis au défis avec des rafales à plus de 200km/h, prises de côté!!!!!
Après avoir construit un chemin de sortie en dur, Pimouss est sorti de son bain de boue après plus de deux jours, la Meskelil family est arrivée au même moment et les retrouvailles avec Maya se sont fait avec beaucoup, mais alors beaucoup d'émotions après ces 5 jours de séparation!!! On était tous très heureux de se retrouver, et très heureux de pouvoir profiter à fond des jours suivants!


Ok après toutes ces émotions on a décidé de passer la nuit à l'endroit où nous nous trouvions.....mais là encore.....c'était pas une bonne idée! Vers 23h, des rafales énormes ont commencé à nous bousculer, à faire claquer les portes, à faire chanter les panneaux solaires....Bon OK il faut bouger de là, la tempête commençait vraiment à nous dire "ICI C'EST CHEZ MOI". Le temps de passer dans la cabine de Pimouss on s'est rendu compte que nous étions nez à nez avec Meskelil, le vent nous avait poussé contre le museau de notre companieros!!!! OK ON BOOOOUUUUUGGGGEEEE!!!!!
On s'est déplacé du côté sud, l'île nous a mis à l'abri du vent et nous avons enfin pun profiter d'un repos bien mérité!


On a passé les deux jours suivants à DISFRUTAR (profiter) à fond du char à voile treuillé par la moto, par le vélo, à faire du feu, à marcher, bref.....QUE DU BONHEUR!!!
On a quitté le salar avec une certaine nostalgie, un petit pincement, il ne nous a pas épargné mais nous a une nouvelle fois rappelé que dans cette immensité, nous ne sommes que des "petits rien du tout" et que la vigilance doit être incontestablement le dénominateur commun de cette merveilleuse aventure. Merci à toi mère nature pour ce cadeau, direction la ville d'Uyuni, objectifs lavage des camions, remplir nos placards et profiter des derniers moments en compagnie de nos companiéros les marocains...


La séparation s'annonce difficile mais les retrouvailles n'en seront que meilleures!


A NOUS LE SUD LIPEZ!!!!! YYYYAAALLLLAAAHHHHH!!!!!!!!

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