16- De Calama à Iquique....

Publié par Sur les traces de Pimouss


Avant d'entamer notre descente nous avons fait escale à Calama, ville minière qui possède la mine la plus grande du monde, elle extrait du cuivre et utilise des camions dont la roue fait la taille de notre Pimouss... il est possible de la visiter mais nous sommes arrivés durant la semaine du 1er mai et il fallait attendre 4 jours avant de pourvoir s'inscrire. On ne se sentait vraiment pas de rester à Calama, il faut dire que l'ambiance y est plus qu'oppressante.

La mentalité des villes minières n'est pas un mythe, la population est méfiante, marquée par son histoire, vit dans des conditions précaires, travaille en continu et dans une catastrophe écologique environnante importante. Ils sont constamment relogés car la mine et les tas de gravas empiète sur leur territoire de "vie".


Bon...on verra sur le retour pour la visite de la ville, nous repasserons peut-être par là pour franchir la frontière vers la Bolivie.


On a attaqué la dernière montée avant la descente infernale!
AHHHHHHH.......le nivel 0.......y'a pas photo ça fait du bien! On respire normalement, on ne ressent plus cette oppression sur la poitrine, on est plus essoufflé comme si on avait couru un 100m sprint en allant faire pipi!
Une certaine euphorie s'est emparée de nous tous après avoir descendu plus de 3000m d'altitude en deux petites heures.

Sacrée descente! Et tout cela dans un décor.....troublant....l'immensité du désert sans rien....pas un insecte, pas un élément vivant....RIEN. Un paysage minier abandonné, des entrées de mines comme dans les films de western, des grottes immenses et des failles d'exploration entourées de tombes fleuries et colorées en la mémoire des miniers que ces montagnes gigantesques et menaçantes n'ont pas épargné.


Le gros port de Tocopilla, ancien fief de l'exportation de l'or blanc le nitrate dans sa période prospère, est un témoignage historique accablant de cette exploitation minière en perdition. Entre prostitution, drogue et alcool la population ère dans un climat de désespoir. La pollution et les déchets jonchent le sol, l'océan en emporte une partie et l'autre s'échoue sur les plages environnantes.

L'eau ici commence à manquer, les maisons sont rationnées et la facilité que l'on avait à remplir nos cuves sur le sud du pays n'est plus trop d'actualité.
Nous avons heureusement eu, une fois de plus la chance de rencontrer des personnes généreuses qui nous ont proposé de nous ravitailler avec leurs réserves personnelles! Ils nous ont également accompagné jusqu'aux quais du port où nous avons passé une nuit et pu complété nos tanks d'eau avec leur robinet!


Le lendemain, notre companieros Anouar fêtait ses 50 ans, l'objectif était donc de trouver un petit lougar (un lieu, les mots espagnols viennent petit à petit remplacer les français!! bon je suis quand même pas très sûre de mon orthographe, l'apprentissage reste oral!).


L'envers du décor est ici, l'antagonisme qui règne au sein de la rencontre entre une population moderne et une pauvreté et une précarité écrasantes. Aucun système de traitement ou de ramassage des déchets n'est présent, les ordures sont partout, les vielles carcasses de voiture rouillées, ces plages magnifiques sont souillées sur une grosse partie de la route qui remonte vers Iquique.


On a quand même réussi à dégoter un bon petit squat plage, niché entre les montagnes désertiques du désert et l'activité rugissante de l'océan. Encore une fois merci Ben et son nez qui renifle les bons plans!!!
Petit feu, petites grillades et un bon apéro....voilà la formule parfaite pour 50 ans fêtés dignement!!!
Le lendemain nous avons eu la chance de faire une rencontre assez atypique....un cormoran avec toute sa prestance et sa curiosité est venu nous rendre visite! Ben l'a amadoué petit à petit et tous les enfants ont pu l'approcher et le caresser. Il s'est laissé faire et a fermé les yeux, les papouilles ont eu un franc succès!!! Approcher un oiseau sauvage de cette envergure et établir le contact était une expérience assez unique!


Au bout de deux nuits nous avons eu une certaine nostalgie à quitter ce lieu mais l'eau commençait à manquer et nous sommes partis à la recherche de cette denrée très rare dans le nord du Chili. Les deux pueblitos que nous avons fait n'en avait pas on a donc décidé de se poser quelques km plus loin et de partager nos réserves...


Ben nous a encore une fois dégoté un petit lougar avec sa petite crique et ses vagues de plusieurs mètres de hauteur....on s'est régalé! Bon il a découvert le lendemain pendant son excursion moto du jour qu'il y avait de l'autre côté du rocher une usine énorme qui n'a aucun remord a rejeté ses déchets dans l'océan.

OK pour la baignade et les pieds dans l'eau on verra un peu plus loin!!!!


Iquique....ville construite en bord d'océan où les gratte-ciel fleurtent dangereusement avec les vagues de 4m qui s’écrasent sur les plages dans un grondement qui étouffe le moindre bruit urbain. Une architecture très hétéroclite et une menace permanente de tremblements de terre et de tsunami!

Ici la terre tremble entre 15 et 20 fois par jour, on ne sent rien mais la menace est continue. L'activité sismique est l'une des plus importante du continent sud-américain.


Dans cette ville de 250 000 habitants l'eau est encore un problème, et on est à sec!!!!
Mission : trouver de l'eau, une petite connexion, deux trois courses dans la zone franche et un bon Mac Do.....OUHHHHH les vilains!!!

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